Info Droits : Nouveau congé de naissance

Un premier pas à mettre au crédit de nos luttes, mais une indemnisation qui reste insuffisante !

Les décrets d’application (n° 2026-419 et 2026-427) viennent de paraître ce 30 mai 2026 : le nouveau Congé Supplémentaire de Naissance entre en vigueur dès cet été, au 1er juillet 2026.

Ce dispositif, issu de la LFSS 2026, s’adresse à l’ensemble des parents actifs (salariés du privé, agents publics, indépendants) pour les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026.

🔍 Ce qui change concrètement (Vos nouveaux droits)

Ce congé est un droit individuel ouvert aux deux parents. Il s’ajoute intégralement aux congés existants (maternité, paternité, adoption) et ne remplace pas le congé parental éducatif.

  • La durée : Jusqu’à 2 mois maximum par parent.
  • La flexibilité : Il peut être pris en une seule fois (1 ou 2 mois) ou fractionné en 2 périodes d’un mois non consécutives. Les parents peuvent le prendre simultanément ou en alternance.
  • Le calendrier : Il doit être soldé dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant (délai prolongé en cas de naissances multiples ou d’allongement des congés légaux).
  • Délai de prévenance : Vous devez informer l’employeur (par lettre recommandée avec AR ou remise en main propre contre décharge) au moins 1 mois avant le début du congé. Ce délai est réduit à 15 jours si le congé supplémentaire s’enchaîne directement après le congé de paternité ou d’adoption.

⚠️ Le point noir : Une indemnisation dégressive qui pénalise les familles

La Sécurité Sociale va indemniser ce congé de manière dégressive, ce qui constitue une véritable barrière pour les foyers modestes et les familles monoparentales :

  • 70 % du salaire net le premier mois.
  • 60 % du salaire net le deuxième mois.

Le constat de la CGT : En ne garantissant pas un maintien de salaire à 100 %, le gouvernement crée un droit à deux vitesses. Combien de travailleuses et de travailleurs pourront se permettre de perdre 30 % à 40 % de leur revenu à l’arrivée d’un enfant, en pleine crise du coût de la vie ? De plus, la précipitation du déploiement fait craindre de lourds retards dans les versements par les CPAM et les CAF, par manque de personnel.

✊ Ce que la CGT revendique et va négocier

Pour la CGT, la parentalité et l’égalité femmes-hommes ne doivent pas se payer par une baisse de pouvoir d’achat. Nous exigeons le maintien de salaire à 100 % !

La CGT appelle l’ensemble des syndicats et des représentants du personnel à se saisir immédiatement de ce décret pour ouvrir des négociations dans les branches et les entreprises :

  • Exiger des accords d’entreprise imposant à l’employeur de prendre à sa charge le complément (les 30 % et 40 % manquants) pour assurer un maintien de salaire intégral.
  • Garantir la protection de l’emploi et le retour effectif à un poste équivalent sans discrimination de carrière au retour de ce congé.

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